some-new-jazz-voices

Oh oui, c’était un bien bel article, dont je n’étais pas peu fier. Le sujet en est cher à mon cœur, comme on peut largement le voir si on lit régulièrement ce blog.

Depuis une semaine, à raison de trois heures pleines par jour, voire plus, je l’écrivais, le ciselais, le ponçais, le lustrais et m’apprêtais, comme à l’accoutumée, à le livrer, le dimanche matin, à l’atelier du gueuloir, recommandé par Gustave Flaubert : il s’agit de lire le texte à haute et intelligible  voix, et cette épreuve est certainement la plus déterminante dans la finition d’un texte…

Honneur que je concède rarement, j’avais, cette semaine, invité un éminent phoniatre dont j’apprécie grandement les jugements, toujours nuancés et fins… Je l’avais installé près de moi, face à mon ordinateur portable, lui ayant réservé et branché l’immense Mac ou il pouvait consulter en même temps les ’’opus’’ fondamentaux de la pensée humaine, à savoir ’’Les Titounis’’, ’’Mickey Mouse’’ et l’anthologie des comptines et chansons du premier âge…

Il se délectait du spectacle, lâchant parcimonieusement un regard peu intéressé aux vermicelles que j’agençais avec entêtement sur ma page blanche…

Tout d’un coup, je fus appelé et dus répondre hors de mon bureau. En quittant mon siège, je lui recommandai de rester sage – était-ce bien utile, sérieusement, avec un petit ange pareil, et m’en fus répondre.

En revenant, je vis qu’il avait saisi le bord du clavier de mon ordinateur portable et l’avais attiré vers lui. Se prenant pour Fats Domino, il y tambourinait sans arrêt, alternant les grands coups sur les touches,les balayages du revers du bout des doigts, les staccato et les legato et surtout les ‘’tamborinato’’… les poings fermés…

M’apercevant … il se mit à rire le petit bandit !… Je le tançai vertement pour avoir dérangé le travail de Monam – c’est ainsi qu’il m’appelle… et sans faiblir, au lieu de l’embrasser 10 fois de suite, je ne l’embrassai que 9 fois !… Oui, oui, assurément la sévérité est parfois nécessaire dans le cadre de l’éducation…

Mais là n’est pas le problème : Sur mon ordinateur-ardoise, plus de document. Rien, plus une seule ligne de cette prose si riche et si palpitante… Je ferme la session, je la rouvre. L’emplacement existe bien, mais le document est … vide … Il s’agit d’une magnifique page blanche, avec, hors champ s’il vous plait, comme un chiffre ou une armoirie discrète : ’’cqszy’’…

J’appelai alors le père pour déposer plainte et le sommer de réparer la faute de son fils. Avec une patience infinie, après s’être énervé systématiquement  à chacun de ses ordres auxquels je n’entendais que  »pouic », ledit père du de cujus  conclut avec regret que je n’avais pas le niveau minimal requis pour posséder un ordinateur et me conseilla de vendre ma ferraille et de retourner aux étals de poissons… Notre collaboration s’arrêta là…

J’appelai alors sans discontinuer un grand prêtre de la science cabalistique et l’attrapai enfin, au dixième appel, faisant la queue devant je ne sais quel guichet, retour d’un voyage à l’étranger. Je lui exposais l’affaire et – respect oblige –ce gentil neveu ne me dit pas :’’ Mais P… de B… de M… ce que j’en ai à F… de votre M…etc ». Il se contenta de me dire sobrement :  »OK, tonton, je vous rappelle dès que je suis à la maison »…

Il tint parole : patiemment, il m’ordonna d’exécuter plusieurs ordres dont la poésie et même l’intelligence m’échappaient totalement et que je fis très calmement. L’homme de la science électronique ajusta -probablement- ses besicles avant de conclure :  »Il n’y a plus trace de votre document ’’The New Voices of Jazz’’ sur votre appareil et si par hasard vous étiez capable de me dire par quelle commande vous y êtes parvenu, je serais très intéressé par les droits d’exploitation de la formule, car c’est très difficile, et pour tout vous dire quasiment impossible d’effacer totalement un document de la mémoire d’un ordinateur » …

Voilà, contée par le menu, la mésaventure qui explique ma rouge honte de me présenter à vous, un lundi avec quasiment pas de ’’lundi’’. C’est sa faute à ’’lui’’ dont je savais fort bien qu’il était d’une intelligence exceptionnelle mais franchement, je pense qu’il aurait pu se passer de la démonter de cette manière.

Je voulais vous y présenter dix nouvelles voix féminines du jazz… C’était très savant, très fouillé comme article mais les dieux en ont décidé autrement. Voici donc une liste non exhaustive des chanteuses de jazz femmes. En rouge, celles qui m’ont semblé représenter le mieux les nouvelles tendances de cette musique à laquelle, personne à ce jour, à part celles et ceux qui la pratiquent, n’ont réellement compris grand-chose…

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