goutte-de-miel

Délicieuse semaine ou la lourde chape grise de l’ambiance générale et de la météo de ce bas monde s’est entrebâillée, laissant enfin apparaître un rayon de soleil propre à réchauffer le corps et l’esprit :

J’ai assurément participé à ce mieux être en offrant un curieux spectacle : le mien, accueillant une petite fille dans ma tribu ou il n’y avait, jusque-là, que des chevaliers, de grande valeur, certes, mais n’ornant guère mon logis de la douceur et de la grâce féminines.

J’ai reçu cet inestimable présent du papa d’un adorable jeune-homme qui va maintenant allègrement sur son 25ème mois et qui n’est autre que mon meilleur ami sur la Terre des Hommes.

Claude Nougaro, Cécile, ma fille

J’ai porté, presqu’autant que la maman, le poids de la grossesse, me mêlant de tout, pontifiant, exhortant, courtisant, corrompant par des excès de gentillesse et soudoyant honteusement et à l’envi pour qu’elle me donnât ce que j’attendais : la petite fille dont je rêvais sans jamais oser le dire depuis que je suis en âge de procréer.

Le petit bouton de rose est né, accompagné d’un silence à peine troublé par de très légers miaulements à peine audibles, ‘’belle, dans le simple appareil d’une beauté arrachée au sommeil’’. Elle est enfin là et je dois me faire violence pour m’en séparer lorsque la décence me commande de me retirer pour la laisser en tête à tête avec sa maman…

Je me rappelle toutes les inepties que j’ai pu prononcer sur pareille situation, avant qu’elle ne devint réalité. Je me rappelle ce que j’écrivais le 27 février 2012, à cette adresse, http://wp.me/p62Hi-1Mb:

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…’’ A plusieurs milliards d’années-lumière du machisme et de la guerre des sexes, et malgré ce qu’en disent certaines langues de vipères, je suis même traître à mon genre puisque totalement convaincu de la supériorité du genre féminin. C’est pourquoi je n’imagine que difficilement ce que j’aurais pu faire de ma vie si j’avais été l’auteur d’une petite fille… Je veux dire qu’à part m’occuper d’elle, je n’aurais eu goût à rien. Mille de ces railleurs vipérins m’ont dit mille fois que peu à peu, je l’aurais étouffée, empêchée de vivre, insidieusement forcée à m’aimer, poussée à m’admirer, lâchement obligée à reconnaître en moi l’homme idéal, son homme, bref que j’aurais manigancé tant et plus pour occuper son espace, sa vie, son esprit, ses pensées, ses occupations et ses préoccupations. Ces perfides concluent qu’en fait, j’aurais été odieux.

Je ne comprends pas ces vigoureuses diatribes et les considère comme déplacées… Je voudrais dire à mes accusateurs, mes censeurs et  mes procureurs que mon assiduité supposée aurait peut-être été naturelle, mieux, que personnellement, j’en fais toujours preuve raisonnablement avec tous ceux que j’aime …’’

Jacques Brel, Un enfant

Et je concluais l’article en question par cette incantation :

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…’’ Ainsi donc, à la fin de ma complainte, frères humains qui avec moi vivez, écoutez la prière du pauvre mo’ qui n’a pas de fille :

Béni soit le Seigneur qui ne m’a pas donné de fille !

Béni soit le Seigneur qui a ainsi préservé ma raison !

Béni soit le Seigneur qui m’a ainsi permis de les aimer toutes !’’

Pierre Bachelet, Quand l’enfant viendra

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Me voilà, 5 années après, sévèrement puni et confondu par le Seigneur que j’invoquais alors ! Mon outrecuidance n’ira pas plus loin et je comprends que ma confusion me commande un acte de contrition publique que je m’en vais faire de ce pas.

Garou, A ma fille

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Ainsi, pour finir, je voudrais dire à la petite  »Goutte-de-Miel » que la Fortune a déposée dans ma portion, ce que très peu de femmes auront entendu ici-bas de ma bouche. Je dis ces mots pour accompagner mes vœux les plus chaleureux de bienvenue, de bonheur, de paix, et de sérénité :

  • Mon bouton de rose, ma petite Princesse, je t’aime !

Benabar, Berceuse

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mo’

 

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