vegetariens

Les actrices et acteurs Penelope Cruz, Nathalie Portman, Liv Tyler, Rosanna Arquette, Uma Thurman, Anne Hataway, Kim Bassinger, Gwyneth Paltrow, Cameron Diaz, Demi Moore, Eva Longoria, Charlotte Rampling, Claudia Cardinale, Sophie Marceau, Carole Bouquet, Nathalie Baye, Coline Serreau, Ornella Muti, Brigitte Bardot, Mylène Demongeot, Mélanie Laurent, Robert Redford, Dustin Hoffman, Brad Pitt, Richard Gere, Orlando Bloom, Johnny Depp, Alec Baldwin, David Duchovny, Tobey Maguire, Yves Rénier, Francis Huster, Lambert Wilson pour et les chanteuses et chanteurs Joan Baez, Tina Turner, Annie Lennox, Kate Bush, Shania Twain, Jeane Manson, Rika Zaraï, Stone, Nicole Croisille, Vanessa Paradis, Arielle Dombasle, Nolwenn Leroy, Diane Tell, Jeanne Mas, Leonard Cohen, Peter Gabriel, Paul Mc Cartney, Prince, Sting, Phil Collins, Lenny Kravitz, Stevie Wonder, Brian Adams et Moby, toutes ces belles personnes partagent une particularité. Laquelle ? Comme vous ne pouvez la deviner, je vous la révèle sans plus attendre : Elles ne consomment pas de viande. Elles sont végétariennes.

Le végétarisme s’est beaucoup développé ces dernières années même si s’abstenir de viande n’est pas un phénomène nouveau. Ce renouveau est dû à la grande vogue qu’ont connu les religions orientales en Occident au début du 20ème siècle.

Devenir végétarien est motivé par au moins l’une des quatre raisons suivantes :

1.   Être végétarien est bénéfique pour la santé : Les végétariens suivent le précepte d’Hippocrate : « Que ton aliment soit ton remède ». Ils sont généralement plus minces que les omnivores, ils ont également plus d’endurance, vivent plus longtemps et sont moins sujets aux maladies de civilisations. Ils.

2.   Être végétarien est bon pour la planète : La production de viande exige des ressources très importantes en céréales, légumineuses, en eau et en énergie.

3.   Être végétarien correspond souvent à un vœu d’ordre philosophique ou religieux, et nombreux furent les philosophes végétariens, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

4.   Les religions originaires du subcontinent indien (hindouisme, jaïnisme, bouddhisme) attachent du reste une grande importance à l’observation de cette abstinence liée à la notion de non-violence. Au niveau de la collectivité, l’abandon de la nourriture carnée pourrait favoriser l’avènement d’une ère de paix sur la Terre, comme l’ont souligné les plus grands penseurs à travers les siècles.

Rares sont les philosophes, penseurs, sages ou prophètes qui n’ont pas parlé de la question. Allons à la rencontre d’une douzaine d’entre eux, convoqués par ordre chronologique, et écoutons ce qu’ils ont à en dire …

pythagore

Pythagore prône un retour au végétarisme, condamnant le banquet sacrificiel, rituel violent au cours duquel un animal domestique est tué, il exprime la nostalgie d’une époque sans meurtre ni sang versé. Professant l’immortalité de l’âme, il est à l’origine de l’idée selon laquelle le meurtre des animaux conduit à celui des humains. D’où l’adoption d’un régime végétarien, en plus de la pureté mentale et physique recherchée par les adeptes : ascétisme, refus de la souillure et compassion envers les animaux.

socrate

Comme les ascètes du Continent Indien, Socrate était totalement végétarien. De surcroît, il ne portait jamais de vêtements de cuir ni de fourrure animale. Pour cela et bien d’autres ‘’originalités’’ son enseignement fut qualifié de subversif et de corruptrice de la jeunesse. Athènes traversant une grave crise politique et économique, il fut désigné comme un bouc émissaire et un tribunal l’ ‘’invita’’ à se donner la mort, ce qu’il fit après avoir refusé toute défense de ses pairs et de ses disciples.

platon

Platon ne remet pas en cause explicitement le sacrifice animal, mais la société idéale qu’il dépeint dans La République est une ‘’cité végétarienne’’. L’alimentation y est frugale, se limitant à du pain et des gâteaux d’orge et de froment, du vin, des olives, du fromage, des oignons et divers autres légumes, des figues, pois et fèves, ainsi que des baies et faînes.

Pour Platon, l’homme trouve bonheur, santé et justice dans une maîtrise de ses besoins. Le régime carnivore est perçu par lui comme inutile et luxueux, un symptôme d’avidité collective. Il voit en lui l’origine des conflits qui assaillent l’humanité. La résolution de ces conflits résiderait donc dans la satisfaction des besoins primaires de l’homme – nourriture simple, logement, vêtements- au sein d’une société paysanne et conviviale.

jesus

Jésus n’était pas végétarien, puisqu’il a consommé la chair de poisson selon Saint Luc, 24-43. Mais certains disent qu’il s’agissait d’exception pour prouver, lors de sa résurrection, qu’il était bien réel et non une apparition. Dans la Genèse 9-1 à 9-5 du nouvel ordre du monde, l’alimentation est végétarienne, le sang est condamné, et manger de la chair n’est pas une liberté car Dieu demandera des comptes pour le sang. Les animaux peuvent servir de nourriture pour les œufs, le lait et les labours.

seneque

 »L’homme n’a pas à se satisfaire du sang versé par les animaux pour être heureux car, quand la pratique du meurtre devient une habitude, la brutalité passe dans les mœurs ». Et, faisant le point sur son propre cheminement, Sénèque constate : « Un an après avoir renoncé à la viande, mes nouvelles habitudes me sont devenues faciles et délicieuses. Il me semblait que mes capacités intellectuelles s’accroissaient »

vinci

 »Homme, si vous êtes vraiment, comme vous le décrivez, le roi des animaux, – j’aurais dit plutôt le roi des brutes, la plus grande de toutes ! – pourquoi prenez-vous vos sujets et enfants pour satisfaire votre palais, pour des raisons qui vous transforment en une tombe pour tous les animaux ? …La Nature ne produit-elle peut-être pas en abondance des aliments simples ? Et si vous ne pouvez pas vous contenter de tels aliments simples, pourquoi ne préparez-vous point vos repas en mélangeant entre eux ces aliments d’origine végétale de façon sophistiquée ?  »

montaigne

A la Renaissance, Montaigne (1533/1592) fut l’un des rares à défendre la cause animale, en s’inspirant des auteurs de l’antiquité, sans être végétarien lui-même. Philosophe contemplatif, vivant dans un manoir à la campagne, Montaigne tire un enseignement de l’observation du monde animal : en jouant avec sa chatte, en admirant des hirondelles etc.

« Les naturels sanguinaires à l’endroit des bêtes, témoignent d’une propension naturelle à la cruauté ! Après qu’on se fût habitué à Rome, aux spectacles de meurtres envers les animaux, on en vint aux hommes, aux gladiateurs »…

kant

 »La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même. »

schweitzer

 »Jadis, le fait de croire que les hommes de couleur étaient vraiment des hommes et devaient être traités humainement passait pour une folie. Aujourd’hui, on considère comme exagéré de prétendre qu’un des devoirs imposés par l’éthique rationnelle est de respecter ce qui vit, même dans ses formes inférieures. Mais un jour, on s’étonnera qu’il ait fallu autant de temps à l’humanité pour admettre que des déprédations insouciantes causées à ce qui vit sont incompatibles avec l’éthique. »

einstein

 »Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne. »

ghandi

 ‘’Jamais je ne consentirais à sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une créature peut se défendre, plus elle a droit à la protection de l’homme contre la cruauté humaine’’

monod

 »Ce qu’on peut critiquer, c’est cette prééminence exclusive donnée à l’homme, car cela implique tout le reste. Si l’homme se montrait plus modeste et davantage convaincu de l’unité des choses et des êtres, de sa responsabilité et de sa solidarité avec les autres êtres vivants, les choses seraient bien différentes. Ce n’est peut-être qu’un espoir. »

***

‘’Dans tous les mythes d’âge d’or perdu ou de vertu à retrouver, le végétarisme, c’est-à-dire la non-consommation de la viande, comporte une connotation de pureté et de bonté. Le lait, qui est autorisé, est blanc, donc pur. On le croit aussi bien dans le bouddhisme ou le brahmanisme, très présents dans l’esprit de Gandhi, que chez Rousseau ou chez Saint-Just, voulant nourrir les jeunes générations républicaines de pain, de laitage et d’eau, ou que dans les diététiques dépuratives et les thérapies populaires.’’ Comme dit Maguelonne Toussaint-Samat, dans son ‘’Histoire Naturelle et Morale de la Nourriture’’, Bordas éditeur, 1987.

J’avoue quant à moi, qu’avant d’écarter – autant que faire se peut, de mon régime la viande, j’en ai assurément consommé immodérément. J’ai déjà conté la chose à cette adresse : http://wp.me/s62Hi-barbaque et je n’en suis guère fier, aujourd’hui moins qu’hier, sachant que mon nom ne figurera jamais dans ces prestigieuses galeries de végétariens.

mo’

Advertisements