la porte de l'espoir

Entrée du port de New York, la Statue de la Liberté et Ellis Island

Ellis Island est une île située à l’embouchure de l’Hudson à New York, moins d’un kilomètre au nord de Liberty Island qui abrite la Statue de la Liberté. Elle a été, dans la première partie du xxe siècle, l’entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Les services d’immigration y ont fonctionné du 1er janvier 1892 jusqu’au 12 novembre 1954.

Entre ces deux dates, l’île accueillit environ 12 millions de personnes. La plupart des immigrés qui passaient par Ellis Island étaient européens, un certain nombre venant également de pays arabes dominés par l’Empire ottoman.

« Seize millions d’immigrés passeront à Ellis Island, à raison de cinq à dix mille par jour. La plupart n’y séjourneront que quelques heures ; deux à trois pour cent seulement seront refoulés. En somme, Ellis Island ne sera rien d’autre qu’une usine à fabriquer des Américains. »

annue moore

La première immigrante se nommait Annie Moore, une jeune irlandaise de 15 ans venue le 1er janvier 1892 pour rejoindre ses parents qui eux, avaient immigré quatre années auparavant.

Le dernier immigrant fut un certain Arne Peterssen, en 1954. Actuellement, plus de 100 millions d’Américains ont un ou plusieurs ancêtres qui sont arrivés en Amérique en passant par Ellis Island.

 »Cela ne veut rien dire, de vouloir
faire parler les images, de les 
forcer à dire ce qu’elles ne 
sauraient dire.
Au début, on ne peut qu’essayer  
de nommer les choses, une  
à une, platement,  
les énumérer, les dénombrer,  
de la manière la plus  
banale possible,  
de la manière la plus précise  
possible,  
en essayant de ne rien oublier. »

‘’…ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c’est l’errance, la dispersion, la diaspora.  
Ellis Island est pour moi le lieu même de l’exil,  
c’est-à-dire  
le lieu de l’absence de lieu, le non-lieu, le nulle part.  
C’est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m’impliquent,  
comme si la recherche de mon identité  
passait par l’appropriation de ce lieu-dépotoir  
où des fonctionnaires harassés baptisaient des  
Américains à la pelle…’’

(Georges Pérec in ‘’Ellis Island’’, 1980, court texte prévu à l’origine pour accompagner un film documentaire, réalisé par Robert Bober pour une chaîne de télévision française).

Mais par-delà les mots satinés et savants, quel pouvait être le ressenti des êtres humains qui se présentaient à cette ‘’sublime porte’’ pour accéder à l’espoir ?

Voici une série de photos très parlantes et qui apportent peut-être réponse à l’interrogation :

salle d'attente

Une salle d’attente du bureau d’enregistrement

enregistrement et interprète

Accueil et enregistrement avec le concours d’un interprète

famille italienne récupérant bagages

Une famille italienne récupère ses bagages

Grand mère juive

Une grand-mère juive songeuse

Immigrant juif

Immigrant juif, le regard meurtri

tchécoslovaque

Une vieille dame arrivant de Tchécoslovaquie

Femmes slaves à leur arrivée

Femmes slaves à leur arrivée

immigrée épuisée

Une minute de repos après les formalités

famille nombreuse

Famille nombreuse au bureau d’identification

immigrée slave arrivant

Femme slave après le guichet de réception

de l'autre côté

De l’autre côté du grillage … là, tout près, l’Amérique, la liberté…

Emma LAZARUS

Emma Lazarus, 1849-1887, est une poétesse américaine née aux Etats-Unis. Elle est notamment l’auteur du poème  »Le Nouveau Colosse » (The New Colossus) qui est gravé sur une plaque de bronze dans une des parois du socle de la Statue de la Liberté à l’entrée du port de New-York. Voici un extrait de ce poème :

Le Nouveau Colosse 

Pas comme ce géant d’airain de la renommée grecque
Dont le talon conquérant enjambait les mers
Ici, aux portes du soleil couchant, battues par les flots se tiendra
Une femme puissante avec une torche, dont la flamme
Est l’éclair emprisonné, et son nom est
Mère des Exilés. Son flambeau
Rougeoie la bienvenue au monde entier ; son doux regard couvre
Le port relié par des ponts suspendus qui encadre les cités jumelles.
« Garde, Vieux Monde, tes fastes d’un autre âge ! » proclame-t-elle
De ses lèvres closes. « Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or ! »

*

Quant à moi, je peaufine le listing des hautes et très hautes personnalités de ce bas-monde qui se réclament des principes de ce texte à cor et à cri mais qui semblent l’avoir complètement oublié… à moins qu’ils ne l’aient jamais lu …

mo’

 

 

 

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