le-regne-des-ignares

La ‘’ploutocratie’’ est un régime politique où les plus riches sont au pouvoir. C’est donc un régime oligarchique qui a pour particularité de sélectionner les décideurs sur le seul critère de leur richesse.

Le ‘’peuple’’ est l’ensemble des individus constituant une nation, vivant sur un même territoire et soumis aux mêmes lois, aux mêmes institutions politiques.

La ‘’démocratie’’ est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple, sans qu’il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, la compétence.

La ‘’démagogie’’ quant à elle est une notion politique et rhétorique désignant l’état politique dans lequel les dirigeants mènent le peuple en le manipulant pour s’attirer ses faveurs, notamment en utilisant un discours flatteur ou appelant aux passions.

Enfin le ‘’populisme’’ désigne l’idéologie ou l’attitude de certains mouvements politiques qui se réfèrent au peuple pour l’opposer à l’élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés ou à toute minorité ayant « accaparé » le pouvoir… accusés de trahir égoïstement les intérêts du plus grand nombre.

Bien malin qui pourra établir sérieusement, à partir de ces définitions académiques, le portrait d’un système de gouvernement de la société juste, équitable et efficace. En chaque notion, on peut en effet déceler les germes de résultats contraires à ceux attendus.

Mais il n’y a rien que de très logique : le populisme est en fait une forme dévoyée de la démocratie, en ce qu’il a corrompu l’idée de peuple, ‘’regroupement-de-tous-sans-distinction’’ pour la réduire à la flatterie des faiblesses inhérentes au non-développement de celles et ceux qu’une facétieuse philosophe du nom de Chantal Delsol nomme les ‘’demeurés de l’histoire’’.

Cette appellation ne fait nullement référence au sens désobligeant de ‘’personne dont l’intelligence n’est pas développée, imbécile, débile,’’ mais plutôt de celle qui refuse d’avancer et demeure en marge de la marche en avant vers la mondialisation heureuse, par nostalgie, par manque de pertinence. L’appellation de ‘’demeurés de l’histoire’’ fait aussi allusion à celui qui fait partie des ‘’quelques-uns’’ dans ‘’l’opposition entre les « quelques-uns » et les « nombreux ». ‘’Les premiers ont la faculté de rechercher ce qui est commun à tous, le logos, c’est-à-dire le discours universel ; les « nombreux » sont au contraire des idiotès, c’est-à-dire ceux qui ne voient que ce qui est particulier et qui le considèrent comme la Vérité. Cette réflexion ne distingue pas la philosophie de la politique, puisque l’aspiration à l’universel et l’aspiration au bien de la cité se confondent.’’ http://www.polemia.com/populisme-les-demeures-de-lhistoire-de-chantal-delsol-2/

Les populismes qui font actuellement florès en leurs multiples déclinaisons partout dans le monde, sont nés d’erreurs de compréhension et de la conjonction de divers facteurs :

Comme déjà dit de nombreuses fois, la mondialisation, en ses aspects économiques, commerciaux, industriels, technologiques, financiers, monétaires et bancaires a déplacé les centres de décision à l’intérieur des territoires, y bousculant les rapports de force sociaux et politiques renforçant le pouvoir des entreprises et de leurs dirigeants, au détriment de celui des travailleurs et des organisations ouvrières. Elle a, par ce biais, pu nuire aussi à la santé démocratique dans plusieurs pays.

lyle-hartford

Le document suivant a été écrit en 1979 par Lyle Hartford Van Dyke, un activiste américain, et distribué à quelques exemplaires sous le sceau de la confidence. Il est curieux de noter que les stratégies qui y sont décrites ici sont très largement appliquées dans les orientations de l’économie et de la société depuis plus de 40 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation. Beaucoup ont pensé qu’il émanait de la mystérieuse ‘’Conférence de Bilderberg’’, club informel, très fermé et plus que discret réunissant environ 130  »personnalités »,  qui dresse chaque année un bilan de l’état du monde et, disent plusieurs, une orientation pour mieux le diriger … Quelle que soit la vérité concernant ces explications romanesques, les stratégies et les techniques pour la manipulation de l’opinion publique et de la société par ces prétendus ‘’Maitres du Monde’’, ne manquent pas d’intérêt : On y lit :

‘’La stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes, à garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle, à garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux.

  1. Créer des problèmes, puis offrir des solutions, comme créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
  2. La stratégie du dégradé : faire accepter une mesure inacceptable, en « dégradé », sur une durée de 10 ans.
  3. La stratégie du différé : Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur.
  4. S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
  5. Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion : Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
  6. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise : Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.« La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. »
  7. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité : Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
  8. Remplacer la révolte par la culpabilité’’ http://www.syti.net/Manipulations.html

Dans le cadre de cet écrit, ne retenons que les point 5,6 et 7, qui tous trois concernent le savoir, l’instruction, l’éducation, la formation, désignés comme les  les plus grands ‘’dangers’’ dans le cadre de la manipulation des peuples…

J’ai donc invité ici quelques beaux esprits de tous pays et de toutes époques pour nous prodiguer quelques conseils de sagesse face à la responsable de la déliquescence, cette bête immonde qu’est l’ignorance.

talmud‘’Il n’est pauvreté que d’ignorance’’

euripide

 ‘’Quel fléau que la richesse unie à l’ignorance.’’

platon

“Le propre de la sagesse et de la vertu est de gouverner bien ; le propre de l’injustice et de l’ignorance est de gouverner mal.”

honorius-dautun

“L’exil de l’homme, c’est l’ignorance ; sa patrie c’est la science.”

averroes

“L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation.”

rabelais

‘’Ignorance est mère de tous les maux.’’

balthazar-gracian

 “Le premier signe de l’ignorance, c’est de présumer que l’on sait.”

blaise-pascal

“Les hommes, n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser. ”

 

boileau ‘’L’ignorance ne s’apprend pas.’’

la-bruyere‘’C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique’’.

voltaire

“Jamais la nature n’est si avilie, que quand l’ignorance superstitieuse est armée du pouvoir.”

holbach

“Il faut qu’une cause soit bien mauvaise pour vouloir la soutenir par l’ignorance et la misère !”

 victor-hugo

« La liberté commence où l’ignorance finit. »

disraeli

‘’Je veux dire que l’homme a un tyran : l’ignorance’’.

ramakrishna

“La connaissance conduit à l’unité comme l’ignorance mène à la diversité.”

william-beveridge

“L’ignorance est une mauvaise graine que les tyrans cultivent parmi leurs sujets, mais qu’aucune démocratie ne peut se permettre parmi ses citoyens.”

jacques-sternberg

“Ignorance et arrogance ne riment pas seulement, ils vont souvent de pair.”

albert-jacquard

 » Le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, c’est dangereux « 

milan-kundera

“Si l’on n’était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. L’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute.”

derek-bok

“Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance.”

Autres contemporains 

Albert-Ena Caron

 »L’intolérance et la haine prospèrent dans l’ignorance, la stupidité et le faux nationalisme ».

Jdan Noritiov

‘’L’ignorance et la bêtise du peuple font la force du dictateur.’’

Constantin Zuraïo

‘’L’ignorance s’accompagne de fanatisme et suscite le fanatisme’’.

jules-michelet

En guise de conclusion, je ne peux m’empêcher de rappeler pour la centième fois ici, la fabuleuse sentence de l’historien Jules Michelet, 1798-1874 :

‘’Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation.’’

Par manie ou par raisonnement, par expérience ou par sagesse, je ramène tout, quant à moi, à cette équation que je sais définitivement juste : la vertu politique n’est et ne peut être rien sans éducation. Mais je reconnais que même si la démocratie demeure sans discussion possible l’unique régime politique concevable et moralement acceptable, ‘’elle a pourtant ce défaut rédhibitoire de se trouver soumise aux humeurs électorales versatiles et en définitive inacceptables d’un Peuple ignorant. C’est sur ce plan qu’il faudrait … l’amender …’’ http://www.cairn.info/la-gouvernance–9782845865778-page-17.htm

Il faut que la démocratie, le plus beau des projets utopistes portés par l’intelligence humaine, évolue et entre dans une nouvelle phase, celle de la réelle participation, de la proximité avec les citoyens, de la transparence et de l’efficience, en s’écartant de celle qui dépose, sous forme de bulletin de vote, le sort de tous entre les mains de gens qui en sont embarrassés au point de rarement en mesurer l’importance et de savoir qu’en faire.

La mise à jour de l’idéal démocratique, plus exactement son adaptation aux nouvelles réalités, pourrait bien être ce nouveau concept de ‘’GOUVERNANCE’’ qui désigne l’ensemble des mesures, des règles, des organes de décision, d’information et de surveillance qui permettent d’assurer le bon fonctionnement et le contrôle d’un Etat, d’une institution ou d’une organisation qu’elle soit publique ou privée, régionale, nationale ou internationale.

La ‘’gouvernance’’ a l’immense avantage de promettre l’efficacité tout en ne heurtant aucun principe moral de base, puisqu’au gouvernement de tous, chacun participe à la mesure de ses moyens : qui ne peut conceptualiser, réguler, décider ou informer, peut du moins surveiller et reporter…

mo’

 

 ersona